


Cela fait seulement une petite année que Chéri connait reellement mes penchants saphiques.
Auparavent, je lachais quelques confidences au compte goute, pour ne pas trop l'effrayer sur ma veritable nature : au début de notre relation, il était plutot choqué de mes initiatives et depuis, je fais en sorte qu'il voit d'avantage en moi sa Chérie coquine, certes, mais pas perverse non plus :)
Depuis, lorsque nous nous retrouvons sous la couette, j'aime lui raconter de temps a autres, quelques anecdotes de mon passé. Je lui narre exclusivement mes débuts avec les filles car des hommes, je n'ai que peu de souvenirs. De plus, je ne pense pas qu'il serait flatté s'il me venait a l'esprit de lui décrire la merveilleuse bi-bite de mes précédents amants !
Emitouflée dans ses bras, je me replonge dans mon enfance (si loin!) et je distille mes histoires au maximum, sans omettre un seul détail, pour lui reveler petit a petit ce a quoi revait la jeune Margot, timide, mais pas prude pour autant !
Je devais avoir 6 ou 7 ans. Ma meilleure amie de l'epoque faisait de la danse tandis que j'avais choisi le patin a glaces. Comme elle ne pouvait pas me rejoindre a la patinoire, j'avais decidé de troquer les patins pour les chausson. Apres tout, dans les deux cas, le but etait d'etre gacieuse en musique !
Des que j'évoque ce souvenir, La Classe De Danse, de Degas, me revient en mémoire. Observez les fines homoplates des danseuses au premier plan, les bras si menus, les tailles minuscules ! J'ai l'impression de replonger dans mes souvenirs.
Nous étions une quinzaine de petites filles, apprétées comme des princesses, a faire nos exercices de
souplesse au sol et a la barre. Nos corps étaient si jeunes, si menus, si elastiques, qu'ils semblaient etre en pate a modeler. Nous écarations les jambes, les levions et les jettions avec
tellement de legereté, que c'en etait presque irréaliste. Nous piaillons énormément bien sur, et ces bavardages nous rapprochaient, au sens propre comme au figuré : dans les vestiaires, nous
n'avions aucune gene a nous effleurer ou a nous caliner, sous pretexte de reconforter ou feliciter une copine, ou encore de l'aider a mettre ou oter son juste-corps. Ces petits corps si chauds,
si lisses, si feminins, deja, captaient mon attention. J'aimais beaucoup leur contact et je ne me genais pas pour en faire de meme. Je ne sais pas si mes camarades étaient tout a fait innocentes
ou non, mais dans mon esprit, ces instants de tendresse entre filles étaient bien plus plaisants que la dans en elle meme !
En cours, devant ce grand miroir que nous fixions toutes, j'etais fascinée par la nuque si frele de
mon amie ou une meche de cheveux chatains dansait au rythme de ses petits sauts... J'étais hypnotisée par mes camarades, mais aussi par notre professeur, une jeune femme de la vingtaine qui
donnait des cours en marge de son métier de danseuse. En dehors de ma famille, c'etait la seule grande personne que je cotoyais vraiment. J'aimais particulierement les moments ou elle resserait
mon chignon sur ma tete. Je ressens encore les frissons qui parcouraient mon dos a ces moments la. Elle affirmait toujours que mes longs cheveux noirs etaient superbes... et je disais toujours a
ma maman de ne pas trop serrer mon chignon, dans l'espoir de me retrouver assise sur les genoux de "Mademoiselle", abandonnée entre ses mains douces. Leur contact me provoquait un plaisir plus
maternel qu'avec mes petites camarades et si cela m'efftayait, je n'aurais raté une occasion pour rien au monde : elle lissait mes cheveux avec ses ongles, me massait parfois le crane et je
fermais les yeux pour apprécier la caresse puis finissait par nouer mes crins bien haut perchés. Je sautais de ses genoux pour aller retrouver mes camarades, toute fiere d'accaper l'attention de
notre professeure durant cet instant.
Encore aujourd'hui, ces souvenirs m'emeuvent beaucoup. A vrai dire, j'ai longtemps occulté ces premiers sentiments ambigus car je savais qu'ils n'avaient rien de tres ordinaires, mais a présent, j'en parle sans honte a Chéri qui est toujours effaré par les idées qui peuvent traverser l'esprit de la fillette que j'etais alors !
Le summum fut lors de la représentation de fin d'année. Nous avions de superbes tutus tous neufs, tous froufroutant et, toutes surexcitées que nous etions a l'idée de nous produire sur scene, devant nos parents, nous faisions les folles en coulisses, en attendant de passer entre les mains des coifeusses et des maquilleuses.
Une fois toutes pretes, notre "Mademoiselle" est venue nous passer en revue. Finalement, nous avons du enlever nos culottes de dessous nos collants parce qu'elles epaississaient nos fesses, deja recouvertes de plusieurs couches de tulle. J'ai longtemps hésité et protesté avant de m'executer car l'on m'avait toujours appris qu'une petite fille ne devait ni enlever sa culotte ni la montrer a qui que ce soit, hormis papa-maman.
Cet instant m'a beaucoup marqué, et pour deux raisons : d'abord, la trangression d'un interdit que j'avais parfaitement enregistré, la seconde, car j'ai pu admirer une ribambelle de popotins parfaitement nus ! :) Les autres filles etaient bien peu pudiques et n'avaient aucune honte a retirer leur culotte, sautiller dans tous les sens, remettre leur collant et finalement reajuster leur tutu. Je crois que c'est la premiere et seule fois de ma vie ou j'ai vu autant de sexes tous nus ! C'est aussi l'une des fois ou j'ai éte le plus genée de ma vie, parce que je devais oter le dernier rempart de ma pudeur (a l'epoque...) et parce que des dizaines de culs nus se baladaient sans honte devant moi.
Nous avons donc dansé cul nu sous nos tutus et cette image reste pour moi l'une des plus érotiques qui m'est ete donné de voir. Imaginez donc, 15 fillettes sans culotte, dont (au moins) l'une eprouve quelques sentiments a l'egard de ses copines... Avouez que ca peut etre troublant pour moi, non ?*
Je n'ai plus jamais repensé a "Mademoiselle" de la meme maniere apres cet evenement, qui fut aussi le dernier de tous, puisque l'année suivante, déménagement impose, je n'ai plus jamais revu mes petites camarades...
*Mouais, dis comme ca, ca peut paraitre un peu louche, mais remettons la situation dans son contexte : j'etais une petite fille explorant mes sentiments et ma pré-sexualité a peine naissante au milieu de tout un tas de camarades du meme age.
Si c'est troublant pour vous, la, oui, c'est plus que louche !
Bon Lundi a tous. Pas de billet demain, je suis absente.
Et je vais vous le prouver !
En automne, les parcs londoniens sont absolument magnifiques, comme le prouve cette photo qui n'est pas de moi ! Les arbres centenaires deviennent rouge-orangé, les écureuils grignottent les marrons trop murs et le soleil rouge se couche lentement sur la Serpentine, tandis que les oies et cygnes somnolent paisiblement sur l'eau. C'est un peu comme si nous étions isolés du monde, perdus dans une région reculée de tout, qui nous invite a l'amour... (Je m'essaye a la poesie de gare. C'est moche, hum ?)
A l'amour ? Que dis-je ! Au badinage !
C'est pourquoi hier, j'ai été cueillir Monsieur au pied de son bureau a 17h pétantes, en jupe, bravant le froid et le vent. Nous sommes allés a Hyde Park (ou l'on croise plus de Francais que
d'Anglais, cocorrico !) alors qu'il faisait deja nuit. Ces balades sont une facon d'oublier le quotidien, le travail, la pression, et de s'abandonner a notre petit ecrin de nature en pleine
ville. Nous longeons la Serpentine puis tranversons un pont. Des ouvriers installent une patinoire a l'aide d'une gigantasque grue qui fait tache entre les arbres. Nous irons glisser sur la glace
cet hiver, comme d'habitude. C'est fou comme on finit par s'attacher a Londres, alors qu'il y a deux ans, nous quittions amerement Paris !
Nous contournons le chantier et empruntons un tout petit sentier, a peine eclairé par quelques lampadaires épars. Je me dirige vers un banc, Monsieur me rejoint. Je m'assieds de biais sur lui, glisse ses mains sous ma jupe. Il sait que je suis nue sous l'etoffe de soie, il l'a su des qu'il m'a vu, mon fameux regard m'a trahi, mais il n'avait pas vraiment prévu que je faufilerai mes doigts dans son pantalon. Il commence a protester, je le fixe et le convaincs de me laisser faire. Il n'y a personne, il fait noir et nous entendrions le premier passant a 100 m a la ronde. Il pense alors que je vais baisser ma tete, comme souvent, lorsque nous faisons ca dehors, mais au lieu de cela, je m'assieds face a lui, et en lui.
Il empoigne mes hanches, ses mains glacées de mon frissonner, mais je ne cherche pas a m'en degager. Il est finalement bien décidé a me prendre sur le champs, au beau milieu de Londres, et j'adore cette idée ! Pas tellement le fait que nous puissions etre surpris, parce que je ne suis pas exhibitionniste, mais plutot l'idée que nous nous etreignons la, au nez et a la barbe de tous ces gens qui ne pensent qu'a rentrer au chaud. Pauvres petit(e)s anglais(es) moches et homo :P
Nous savourons cet instant de complicité jusqu'a ce que le froid finisse par nous engourdir totalement. Les deux petits degrés au dessous de zero auront eu raison de la chaleur humaine !
Sur le chemin du retour, Monsieur m'apprend une anecdote amusante. Le dernier couple a avoir été surpris en pleine action a Hyde Park etait francais et a passé quelques heures au poste ! Notons qu'ils l'avaient plus ou moins cherché : un dimanche apres midi d'Aout, les parcs sont bien plus fréquentés qu'une soirée de Novembre !
P.S. : Nous sommes a Paris ce week end. Deux capitales témoins de nos ebats en une seule semaine, voila qui pourrait
etre un challenge amusant !